Lorsque Mark a passé pour la première fois la porte de l’École des Beaux-Arts de Paris, il eut la sensation d’entrer dans une sorte de Jardin d’Éden mêlé au Jardin des délices de Jérôme Bosch. À l’intérieur se trouvaient de jeunes artistes de toutes formes et de toutes convictions. Il ressentit immédiatement le désir de profiter de l’occasion pour passer plus de temps à explorer ce lieu, rencontrer les étudiants et découvrir leurs créations. Il avait le sentiment de pénétrer dans une œuvre d’art. C’est ainsi qu’il entreprit cette série de portraits autour des echos entre regarder et voir. À l’image des artistes eux-mêmes, qui regardent intentionnellement, avec un but, afin de traduire — ou de transposer visuellement — leur compréhension du monde.

Ces jeunes artistes, encore étudiants, ont une conscience double de la manière dont leur portrait sera représenté : ils se prêtent à l’exercice difficile de devenir oeuvre eux-mêmes, dans l’espace même où ils créent. Ce terreau qu’est l’École des Beaux-Arts est le lieu où ils rencontrent leur propre potentiel créatif et leur avenir. Ils savent que l’image qu’ils souhaitent projeter doit être au plus près de ce qui les anime profondément. Dans les ateliers — des espaces en perpétuel mouvement où rien n’est figé — ils ont la possibilité d’entrer en résonance avec leurs œuvres et de nous offrir un aperçu de leur intériorité.